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La santé passe aussi par les plantes

Depuis des millénaires, l’homme utilise les plantes que la Nature met à sa disposition pour se soigner. Ce savoir transmis de génération en génération a tendance aujourd’hui à se perdre. Les « remèdes de grand-mère » ont pourtant fait leurs preuves et peuvent être utilisés pour les petits bobos du quotidien, dans la mesure du raisonnable. Il ne s’agit pas d’encourager ici à l’auto-médication, mais simplement de connaitre les plantes qui nous entourent et qui peuvent nous rendre des services . En cas de doute, consultez un professionnel qualifié (pharmacien, médecin).

Pour les amateurs de randonnée, il peut être utile de faire la connaissance d’une plante commune qui fleurit au début de l’été. On la surnomme herbe aux coupures, herbe aux charpentiers ou encore herbe aux soldats. Il s’agit de l’achillée millefeuille (Achillea millefolium).

C’est Achille qui lui a donné son nom. Il aurait pris un bain d’achillée dans les premiers jours de sa vie et serait devenu invincible. Au-délà de la légende, la paléontologie confirme que cette plante fait partie de la pharmacopée depuis des millénaires. En effet, on a découvert que l’homme de Neandertal se soignait grâce à elle[1]. Elle a été utile à travers toutes les époques. Lors de la première guerre mondiale, les soldats l’utilisaient pour contrer les hémorragies dûes aux blessures de combat.

Ses feuilles sont très caractéristiques, découpées si finement qu’elle fait penser aux ‘sourcils de Vénus’, autre nom vernaculaire de l’achillée. Ses fleurs sont blanches ou roses, et rassemblées en corymbe (sorte de petit parapluie où toutes les tiges partent d’un point différent).

On la trouve souvent au bord des chemins.

Aujourd’hui, elle peut encore nous être utile : les feuilles appliquées en cataplasme sur les blessures légères arrêteront les saignements très rapidement. Elle est aussi très efficace contre les saignements de nez. Roulez une feuille ou plusieurs fleurs et insérez-les dans la narine, vous serez étonnés !

Vous l’aurez compris, l’achillée millefeuille a des propriétés hémostatiques, et ce grâce aux tanins qu’elle contient (environ 3% des parties aériennes).

Notez cependant qu’elle est déconseillée pendant la grossesse et l’allaitement. A éviter également en cas d’allergie aux asteracées.

Pour les petits bobos, on peut associer une autre plante qui pousse partout dans les pelouses et au bords des chemins. On la piétine d’ailleurs souvent sans la remarquer : c’est le plantain. (Plantago majus) Il tire son nom de la forme de ses feuilles qui font penser à la plante des pieds. On le reconnaît aisément par les nervures de ses feuilles qui sont parallèles. Une autre espèce, le plantain lancéolé (Plantago lanceolata) a des propriétés identiques.

Cette plante soulage toutes les petites irritations de la peau, les piqûres d’ortie ou d’insectes. Il suffit de mâchouiller ou de déchirer une feuille pour en faire sortir le suc, puis de frotter l’endroit qui démange. On peut la cueillir aussi pour les blessures légères qu’elle contribuera à désinfecter. Son astringence permettra aussi ‘d’aspirer’ les petits corps étrangers de la plaie.

Pour ceux qui préfèrent cultiver les médicinales au jardin ou au balcon, on peut penser aux aromatiques. Il est facile de faire pousser de la menthe, de la mélisse et du romarin au jardin ou sur un balcon.

En prévision des petits maux de l’hiver, on peut aussi se tourner vers le thym et profiter de ses puissants effets anti-infectieux sur les voies respiratoires. En plus d’être savoureux en cuisine, il peut donc être transformé en sirop contre les coups de froids.

La recette est très simple.

Faire une infusion concentrée avec 30g de feuilles fraîches pour 500 ml d’eau. Il est préférable de  couvrir la casserole pour éviter la déperdition des essences aromatiques. Dès frémissement, éteindre le feu, filtrer et mesurer le volume de liquide obtenu. Ajouter 1 fois le volume de miel liquide. Verser dans une bouteille préalablement stérilisée et parfaitement sèche.

Ce sirop est peu sucré et se conserve environ trois mois au réfrigérateur. Il est également possible de doubler la dose de miel pour une conservation à température ambiante.

Le thym et le miel ont tous deux des propriétés antiseptiques. Cette recette a donc l’avantage de créer une véritable synergie pour plus d’efficacité.

A forte dose, le thym est déconseillé aux personnes souffrant d’hypertension. Les femmes enceintes et allaitantes en prendront avec modération.

Ces quelques exemples montrent que la Nature sait être généreuse pour contribuer à notre bien-être. Dans les limites de nos connaissances, à nous d’expérimenter de nouvelles recettes, d’observer les effets des plantes sur nous et de nous laisser surprendre. Les découvertes promettent d’être nombreuses.

 

Aude Tournier, passionnée par les plantes


[1]Hardy, K. Buckley, S., Collins, M.J. et al. Naturwissenschaften (2012) 99:617.