Conférences
Sommeil et rêve: qu’en disent les neurosciences?

Nous avons le plaisir d’accueillir, avec l’aimable participation de la mairie du 6ème, le lundi 28 septembre 2015,

Raphaël VALLAT, Doctorant en neurosciences, pour nous présenter une conférence sur le sommeil.

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L’être humain passe environ 1/3 de sa vie à dormir et dort 7h à 8h par nuit.

Le sommeil est un état actif. Il s’agit d’un état de conscience spécifique durant on note une diminution de l’activité motrice, de la mémorisation, de la perception du temps et une augmentation du seuil de réponse sensorielle.

Durant le sommeil, le corps et l’esprit se régulent. Ainsi, pendant le sommeil, un certain nombre de systèmes métaboliques se régulent (système immunitaire, cardio-vasculaire, appétit -le manque de sommeil induit une appétence pour le gras) et les tissus se régénèrent. Le sommeil contribue aussi à la consolidation de la mémoire et à la régulation de l’humeur (irritabilité et manque de sommeil.

Il existe différents stades de sommeil :

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Phase de sommeil lent : repos, ralentissement des fonctions

  • stade 1 : endormissement
  • stade 2
  • sommeil lent profond

Phase de sommeil actif

  • sommeil paradoxal

Les cycles durent 1h30, le sommeil profond survient 50 minutes après l’endormissement puis sommeil paradoxal et micro-éveil avant de reprendre un cycle.

Le sommeil paradoxal est de plus en plus fréquent en fin de nuit.

Durant le sommeil lent :

Disparition de la conscience et synchronisation de l’activité cérébrale, baisse de la pression sanguine et de la T° du corps. Il s’agit d’une phase de sommeil réparatrice. Période de sommeil lent est plus importante une activité physique.

 

Durant le sommeil paradoxal :

Atonie musculaire

Reveil du cerveau, des yeux et des organes sexuels

Augmentation de la consommation d’oxgène et de glucose

Pas de régulation thermique

Sommeil paradoxal augmente après un apprentissage intensif

Les régulateurs du sommeil :

La lumière : implication du noyau supra-chiasmatique : Ce noyau mesure le degré d’exposition à la lumière et régule la sécrétion de mélatonine et de cortisol sur 24H. Ces hormones jouent un rôle dans l’induction du sommeil. Les lumières bleues émises par les écrans perturbent ce rythme.

L’adénosine, molécule libérée par les neurones et qui augmente pendant l’éveil et diminue pendant le sommeil. Son effet est annulé par la caféine.

Facteurs environnementaux : repas, horaires de travail, horaires de lever.

Pathologies du sommeil :

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40% des français souffrent de troubles du sommeil.

Le risque d’obésité augmente de 55% chez les personnes dormant moins de 5h par nuit

40% des accidents de la route liés à la somnolence

Le manque de sommeil impacte également l’immunité, la concentration, l’humeur.

Les différents types de pathologies sont essentiellement :

  • les insomnies: troubles de l’éveil

Profil-type des personnes insomniaques : hyperactivation mentale et physiologique, personnalité anxieuse, rumination, vieillissement, histoire familiale.

L’insomnie peut être la conséquence de facteurs externes traumatiques mais peut aussi devenir la cause de stress, troubles de l’humeur… L’insomnie fragilise le corps.

Conseils : ne pas se forcer à rester au lit, consultations thérapie cognitivo comportementales, relaxation

  • les hypersomnies: excès de sommeil pendant la journée, inertie au réveil.
  • l’apnée du sommeil: arrêt du flux respiratoire pendant + de 10sec. Et plus de 10 apnées par heure.

Profil à risque : surpoids et hypertension

Conséquence : somnolente, trouble de l’attention, de l’humeur et de la libido, augmentation du risque d’infarctus et d’AVS à long terme.

Prise en charge : ventilation par pression positive, consultation spécialisée

  • les parasomnies: troubles du sommeil impliquant des comportements moteurs, des perceptions ou des émotions. (somnanbulisme, terreur nocture, paralysie du sommeil). Peut constituer un signe précose de maladies dégénératives.

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Conseils pour un bon sommeil :

  • avoir des horaires de coucher/lever réguliers
  • limiter le temps passé au lit
  • optimiser son environnement: pas de bruit, obscurité, température idéale entre 18 et 20°
  • éviter les repas copieux le soir ainsi que les excitants (alcool, caféine)
  • s’exposer à la lumière le matin et faire de l’activité physique (mais pas le soir)
  • éviter les longues siestes: temps idéal 10 à 30 minutes
  • Eviter les écrans d’ordinateur

Les rêves

De tout temps, le rêve a intrigué et a fait l’objet d’études. Les psychanalystes en ont fait le lieu de l’expression de l’inconscient. Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi certaines personnes se souviennent de leurs rêves et d’autres non. Le fait de s’intéresser au rêve et de chercher à le remémorer induit une augmentation du souvenir de ses rêves. Des facteurs de personnalités interviennent aussi. Les réveils nocturnes ont un rôle dans l’encodage du rêve.

Les rêves sont parfois constitués d’éléments issus d’expériences vécues ou de faits d’actualités, l’histoire est vécue en 1ere personne mais en dehors de la volonté du rêveur.

Le caractère anachronique ou bizarre des rêves est dû aux modifications de l’activité du cerveau pendant le sommeil (perte des repères spatiotemporels, relâchement de la logique).


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Lectures conseillées :

Santé et sommeil: une histoire à dormir debout-fondation April

Vaincre les ennemis du sommeil, Charles Morin

L’incertitude qui vient des rêves, Roger Caillois

De la science et des rêves, Michel Jouvet

Little Nemo in Slumberland, Windsor Mc Cay

Vous pouvez testez votre qualité de sommeil (réseau morphée ou vigilance sommeil) et retrouver d’autres informations sur le site de la fondation April.