Développement de l'enfant
Focus sur les réflexes archaïques dans l’apprentissage

L’être humain est par nature curieux et cherche toujours à faire des choses qu’il aime, qui peut le passionner : nager, courir, grimper, marcher, chanter, lire, écrire, créer…

Apprendre tout simplement… Tout ce qui peut nous passionner, nous amène à aller de l’avant.

Nous sommes très polyvalents et  avons la possibilité de faire beaucoup de choses de nos mains, de notre intellect grâce à la curiosité.

Nous commençons enfant à apprendre à découvrir le monde qui nous entoure.

Nous  voudrions mobiliser toute notre énergie pour accéder à faire des choses que nous aimons.

Pour y arriver, l’enfant se développe petit à petit afin d’accéder à ces compétences qui l’attire.

Les enseignants les aident donc à y accéder, mais parfois il existe certaines lacunes.

C’est là, qu’interviennent les thérapeutes comme les psychomotriciens, orthophonistes, psychologues, graphothérapeutes…

Ce sont les interactions sociales que nous avons, enfant comme adulte, qui nous permettent d’apprendre toujours plus chaque jour.

Dans la pratique, ce n’est pas toujours aussi simple pour certains enfants.

Atteindre les compétences sans pouvoir apprendre, c’est compliqué.

Il faut donc apprendre à apprendre… par le corps…

Et oui… nous lisons avec les yeux, marchons avec les pieds, écoutons et gardons l’équilibre avec les oreilles, mangeons/sentons  avec la bouche, touchons avec les mains… Ceci s’appelle la proprioception.

Nous évoluons dans un univers à 4 dimensions :

  • 3 dimensions spatiales de repérage : Droite/Gauche, Haut/Bas, Avant/Arrière
  • 1 dimension temporelle de mémorisation mais également de réaction émotionnelle : nous réajustons les dangers du passé pour agir au présent, voir en anticipation dans le futur.

Quand un bébé vient au monde, il a un fonctionnement à prédominance unilatéral (position d’allaitement ou de sommeil), et doit développer par la suite ces 2 hémisphères cérébraux en même temps par le 4 pattes, puis la marche bipédique.

Physiologiquement, les 2 hémisphères cérébraux doivent être « branchés » au même moment pour pouvoir faire des actions plus complexes.

Ceci ne doit pas relever d’un effort mais doit être autonome, comme la marche.

L’enfant puis l’adulte doivent donc apprendre :

  • La latéralisation pour que l’ensemble du corps travaille de façon synergique et soit coordonné pour communiquer, c’est-à-dire la capacité à traverser sa ligne médiane tout en ayant une dominance avec :

1/ ses yeux : lire sans bouger la tête,

2/ ses oreilles : tourner la tête de manière égale pour écouter,

3/ ses mains et pieds : faire des mouvements croisés mains/genoux (pieds) opposés ;

  • La connexion entre les membres supérieurs pour grimper (doigts, poignet, coude, bras, abdominaux fonctionnent d’un bloc) et les membres inférieurs pour marcher, pour organiser son espace haut/bas, pour acquérir la notion de centrage du corps, la capacité à s’organiser, la sécurité émotionnelle (bien dans son corps, bien dans sa tête).

La compétence de motricité est primordiale pour être bien coordonné entre les capacités d’agrippement et la marche : grimper /marcher pour avoir conscience de ses membres.

L’activité physique aide à l’apprentissage cognitif !

Plus l’être humain commence tôt l’activité physique, plus il est facile de continuer par la suite… Un enfant a besoin de bouger pour apprendre.

L’apprentissage ne se fait pas sur les écrans…

  • La capacité à se concentrer c’est-à-dire à ajuster sans cesse entre la focalisation des détails et la vue d’ensemble : vision périphérique beaucoup plus importante physiologiquement que la vision de près.

Attention à la surfocalisation (vision de près) qui modifie la perception globale, ce qui entraîne une réaction de stress (échecs) par rapport au contexte/ paysage (vision périphérique). Capacité à l’optimisme.

Idem à la sousfocalisation  qui entraîne une réaction de survol des choses, de dispersement produisant une incapacité à rentrer dans les détails pour aller au bout de l’apprentissage ;

  • A être motivé, passionné grâce à un entourage pouvant créer chez lui une passion, une mémoire à l’envie d’apprendre, pour être présent aux apprentissages, et anticiper le fait que ça lui serve à l’avenir.

Lorsqu’il y a une motivation, c’est être en mouvement, avoir des émotions, aimer ce que l’on fait,  et ainsi les problèmes s’évanouissent.

Quand il n’y a pas de motivation, il y a de la réaction face au stress (jugement, évaluation) :

  • peur (fuite) : malade pour ne pas aller à l’école (examen) ou au travail,
  • colère (attaque) : violent, agressif car voit du danger partout,
  • surprise (figement) : inhibition d’action en se laissant faire (maltraitance).

Faire attention à avoir un entourage bienveillant pour être en sécurité et développer ses capacités.

Tout ceci doit se passer sans efforts afin de permettre des actions plus difficiles comme écouter, prendre des notes, se concentrer.

Sans quoi, les difficultés seront présentes car demandent beaucoup trop d’efforts à l’enfant/adulte en période de stress pour tout connecter avant de se concentrer.

De nos capacités motrices, dépendent les branchements de notre cerveau avec des capacités plus larges pour communiquer, anticiper, s’organiser, se concentrer, à faire des choses improbables !

Nous devons donc brancher tous ces axes cités ci-dessus au sein de notre corps pour pouvoir avoir accès aux compétences que nous voulons acquérir.

C’est en ayant accès à tous ces aspects de l’intérieur, que l’accès sera plus simple à l’extérieur, car la perception est déjà connue par le corps.

Les réflexes de vie sont des réactions posturales pour avoir accès sans cesse accès à nos aptitudes  d’équilibration, de stabilité, de gravité en faisant appel à nos yeux, notre oreille interne et la proprioception (perception interne de l’ensemble de notre corps par les fascia, articulations, muscles, peau).

C’est grâce à cela que nous pouvons nous orienter de droite à gauche, de haut en bas, d’avant en arrière, selon nos émotions, notre histoire…

Ils doivent être toujours présents tout au long de la vie.

A quoi servent les réflexes archaïques ?

C’est une programmation génétique que nous avons à la naissance, des mécanismes physiologiques qui nous préparent à tout : se nourrir, se déplacer, communiquer…

Ils servent à nous faire passer du cerveau sous-cortical du bébé à la naissance (action automatique) au cerveau néocortical (mouvement volontaire) pour agir dans notre environnement.

Problème lorsque ces réflexes ne sont pas intégrés, qu’ils soient hyper ou hypoactifs, ceci empêche une motricité fine et volontaire adaptée à la situation (écriture par exemple).

Tous les réflexes qui se trouvent dans les mains, les bras, la tête, le tronc, le bassin entraînent une compétence posturale, émotionnelle et cognitive.

Ils sont utiles en étant enfant mais deviennent gênants en grandissant.

S’ils ne sont pas acquis, ils sont comme des cailloux constants dans la chaussure qui empêche de marcher, il faut s’en débarrasser.

Nous en avons besoin lors de notre développement mais nous devons les inhiber au bon moment  afin que les roulettes du vélo ne deviennent pas gênantes pour faire du VTT par la suite.

Ils sont utiles en cas de danger, de stress ou petit lorsque l’enfant n’est pas encore autonome mais deviennent une gêne en grandissant.

Etudier les réflexes, c’est donc savoir observer l’intérieur, les rayons et le noyau de la roue pour refaire tourner la machine qui est la motivation et avancer où l’on veut par la suite.

Rébecca LEROUX, Podologue, Posturologue


Résumé de la conférence tenue par Paul Landon le 14/11/2018, organisée par l’association Postur’Alpes, composée de multiples professionnels de santé.

Références : apprendre.org

Vidéo explicative de réflexes archaïques